Monsieur le Maire,
J’ai pris connaissance avec intérêt de votre lettre ouverte aux Carrièrois en date du 22 mai 2006 relative au bouclage de la francilienne en général et à votre opposition au « tracé rouge » en particulier.
Ce positionnement était attendu de longue date par les riverains et les associations mobilisées et votre hésitation commençait à surprendre. Je souhaite qu’il ne soit pas le fruit d’un calcul ou d’un revirement de circonstance.
Je m’étonne cependant que vous ne précisiez pas également votre opposition au tracé vert qui, lui aussi, menace durablement notre commune, ses habitants et son environnement. Une clarification supplémentaire de votre part s’impose donc.
Toutefois, et comme j’ai pu le préciser dans mes différentes interventions publiques (presse, réunions de la CPDP, correspondances…), la question de l’inopportunité du bouclage de la Francilienne doit être maintenant posée.
Parce que depuis 17 ans, le volume de circulation n’a pas cessé d’augmenter, le prolongement de la Francilienne ne peut être le complément nécessaire au réseau de voie urbaine. L’Ile-de-France compte aujourd’hui plus de 800 kilomètres d’autoroute et chaque jour plus de 17 millions de déplacements sont toujours effectués en voiture.
Cessons de multiplier les axes autoroutiers et créons les richesses au cœur de la localisation des populations.
C’est pourquoi, membre de la majorité régionale, je m’oppose au bouclage de la francilienne tel qu’il se dessine aujourd’hui.
L’éventuel bouclage de la francilienne hypothèque le bon développement de Carrières.
Pourtant, il n’est nul besoin d’une autoroute pour défendre et valoriser le commerce de proximité, il n’est nul besoin d’une autoroute pour dynamiser les initiatives locales et revitaliser le tissu économique de notre commune.
L’unité économique et territoriale de la zone concernée par le prolongement de la Francilienne ne se fera pas avec l’autoroute, elle se fera autour des riverains, et avec les habitants.
L’A 104 ne doit pas masquer les erreurs commises hier, comme la constitution d’une intercommunalité sans pôle économique et à l’accessibilité incertaine et le refus de la ville de Poissy d’y participer. Elles sont en partie responsables des retards constatés aujourd’hui, en matière économique, donc en terme d’emplois.
L’ A 104 ne peut pas servir d’excuse au manque de volonté et d’ambition pour Carrières.
Ces réflexions ne sont pas nourries par une position partisane, mais le résultat d’une expérience collective et de la volonté de garantir à chaque habitant un cadre de vie préservé.
Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, l’assurance de ma considération distinguée.
Eddie AIT
Conseiller Régional d’Ile-de-France (PRG)
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