ILS ONT BRAVÉ la pluie battante. Près de 400 personnes se sont massées à la Coudraie, la cité de Poissy menacée de destruction, pour une fête de quartier organisée par le collectif des habitants. Depuis trois ans, ce collectif se bat pour que les 129 familles encore sur place puissent rester dans la cité, qui compte 608 logements sociaux.
Une résistance qui contrarie les plans du député-maire (UMP) de Poissy, Jacques Masdeu-Arus. L'édile veut construire à la Coudraie un nouvel hôpital. L'Etat a déjà donné son accord de principe pour une démolition des barres d'immeubles. Dernière mauvaise nouvelle : le maire fait fermer le groupe scolaire de la cité à la fin de l'année scolaire. Malgré tout, la mobilisation des riverains ne faiblit pas.
« Une opération d'épuration sociale au profit d'une opération immobilière » A l'abri de la pluie, sous une tente, un jeune de 28 ans répond au téléphone. « Je suis à la Coudraie pour la fête. Détruit ou pas, on est là. Ils peuvent détruire les barres, ils ne peuvent pas s'en prendre à nous. De toute façon, mon père a une caravane. Je camperai sur place », ironise-t-il. Une fois sa conversation terminée, ce jeune qui travaille dans le bâtiment avoue suivre « de loin » l'activité du collectif. « Je me tiens au courant. Et puis les anciens font mieux ça que nous. » Un ami complète : « Mais le coeur y est. On les a aidés ce matin à planter les tentes. » Mais les soutiens ne viennent pas que de l'intérieur de la cité. Car à force d'actions coups de poing et d'une résistance acharnée, la Coudraie est devenue un exemple national.
Ainsi, hier, on dénombrait autour des barbecues recouverts de merguez, l'architecte Roland Castro, Mgr Jacques Gaillot, le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) Razzye Hammadi, Eddie Aït, le conseiller régional PRG et candidat de la gauche aux prochaines législatives sur Poissy, et Olivier Besancenot. Le candidat à la présidentielle de la Ligue communiste révolutionnaire a eu le droit à un accueil particulier. Un vieil homme lui tombe dans les bras : « Olivier ! Tu as été parmi les premiers à venir ici. C'est fantastique ce que tu as fait pour nous. »
Le facteur dénonce « une opération d'épuration sociale au profit d'une opération immobilière. C'est l'occasion de rappeler que Machin (NDLR : Jacques Masdeu-Arus) s'acharne contre les habitants de la Coudraie. Il ferme leur école, il fait tout pour asphyxier la cité, sauf que là il est tombé sur un os : les habitants ne veulent pas lâcher. » Razzye Hammadi ne dit pas autre chose : « On ne doit pas laisser faire les barons locaux. Casser les ghettos oui, mais faire exploser l'histoire d'un quartier non ! »
A cause du mauvais temps, la série de concerts prévue a dû être annulée, mais en fin de journée, une surprise attendait les participants de la fête. Les militants de Droit au logement (DAL) ont planté une tente pouvant contenir une cinquantaine de personnes et ils y ont installé des gens qui sont à la recherche d'un toit pour dormir. Juste en face des appartements inoccupés et murés de la Coudraie. « Ils font ça pour dénoncer la politique des logements vides. Et nous sommes très contents de les accueillir, explique Mohamed Ragoubi, porte-parole du collectif des habitants de la Coudraie. Une nouvelle qui ne devrait pas faire bondir de joie Jacques Masdeu-Arus.
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