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Concours

Dimanche 22 janvier 2006
Eléments de l’intervention de Eddie AIT, Conseiller Régional d’Ile-de-France (PRG),  
A la soirée thématique organisée par le réseau professionnel HI-TEAM au MILLENIUM HOTEL PARIS OPERA le Jeudi 27 janvier 2005 à 20.30
  
« Mesdames, Messieurs,
 
Je tiens tout d’abord à remercier le réseau professionnel HI-TEAM et plus particulièrement son cofondateur, Monsieur WATERNAUX, de me permettre d’intervenir ce soir sur la thématique du développement économique en Ile-de-France et de préciser ainsi quelques actions entreprises par le Conseil Régional d’Ile-de-France dans ce secteur.
 
Dans un contexte de compétition mondiale exacerbée, de difficultés économiques, de retour hypothétique de la croissance, l’économie francilienne est frappée par le chômage dont le taux a désormais rejoint celui de la moyenne nationale. Les collectivités locales et territoriales ont donc une responsabilité particulière et un devoir d’intervention auprès des plus fragiles d’entre nous.
 
Les moyens d’intervention du Conseil Régional dans le domaine de l’économie découlent de ses compétences : l’emploi reste du ressort de l’Etat et le développement économique dépend en partie de la confiance des entreprises et des consommateurs, les pouvoirs publics créant les conditions de la croissance.
 
Toutefois, la Région a un rôle de chef de file en matière de formation professionnelle et de coordination pour le développement économique. Elle dispose de leviers tels que l’aménagement du territoire (schéma directeur, contrat de plan Etat -Région), la formation, les aides directes et indirectes autorisées par l’Union Européenne.
 
Avec l’Acte II de la décentralisation, le rôle de la région s’est accru mais reste fortement encadré par l’Etat et l’Union Européenne qui veille au respect des règles de la concurrence. 
 
Mon intervention s’articulera autour de  5 points :
Ø      Le développement économique et l’attractivité de l’Ile-de-France ;  
Ø      Le développement économique et la situation de l’emploi et de la conjoncture économique en Ile-de-France ;  
Ø      Le développement économique par la création d’entreprises et le  rôle joué par le Conseil Régional ;
Ø      Le développement économique par la création d’emplois et l’exemple du dispositif « emplois tremplins » mis en place par le Conseil Régional ;
Ø      Le développement économique en Ile-de-France et quelques priorités budgétaires annoncées au budget 2005 du Conseil Régional.
 
 
  1. Le développement économique et l’attractivité de l’Ile-de-France.   
 
Située au carrefour des échanges européens et mondiaux, l’Ile-de-France représente le pôle de développement principal de la France et l’un des plus importants au niveau européen. Elle est, en nombre d’habitants – 11 millions – et en emplois – 5 millions (sur 23, 7 millions en France) – l’une des plus importantes métropoles mondiales.
 
L’Ile-de-France tient une place essentielle au cœur de l’économie nationale. Sa valeur ajoutée représente 29% de la richesse nationale. Elle accueille 38% des sièges sociaux implantés sur le territoire national.  Avec un PIB de 430 milliards d’euros en 2002, l’Ile-de-France constitue un espace économique à l’échelle des Pays-Bas.
 
Premier bassin d’emploi européen, la région offre une main d’œuvre hautement qualifiée puisqu’elle accueille plus du tiers des cadres supérieurs et environ 40% du personnel de la recherche, ainsi que 30% des établissements d’enseignement supérieur. Le taux de chômage s’établissait à 9,5% à la fin du deuxième trimestre 2003.
 
L’économie francilienne se caractérise par la prédominance très nette du secteur tertiaire et en particulier des services aux entreprises. Environ 83% des effectifs franciliens travaillent dans le tertiaire, contre seulement 12 dans l’industrie, 5 dans la construction et 0,3 dans l’agriculture.  
 
L’Ile-de-France conserve cependant une forte tradition industrielle. Elle demeure la première région industrielle française et emploie 15% des effectifs nationaux. On y trouve par exemple Renault, PSA, EADS… Mais l’industrie francilienne se distingue par deux caractéristiques principales : un tissu très dense de PME/PMI et un large éventail d’activités.
 
Parmi ces activités, les plus représentées sont l’édition, l’impression, les équipements électrique et électronique, les industries automobile, aéronautique, spatiale et pharmaceutique.
 
Mais la conjoncture évolue, l’activité économique stagne depuis le début de l’année 2001 et de grandes disparités existent entre les 8 départements.
  1. Le développement économique et la situation de l’emploi et de la conjoncture économique en Ile-de-France.
 
Entre 2001 et 2004, l’Ile-de-France a connu un ralentissement de son activité économique qui a mis tous les fondamentaux (taux de croissance, investissements industriels, commerce extérieur, évolution de l’emploi) au rouge. Cette situation montre que des difficultés structurelles existent, empêchant une vraie reprise de l’activité, qui repose de plus en plus sur des aléas conjoncturels.
 
Aujourd’hui, les créations d’emplois dans les services ne compensent plus les pertes subies dans l’industrie ou le bâtiment. De plus, le tertiaire, jusqu’alors épargné est lui aussi touché par les suppressions d’emplois. Les diverses communications de conjoncture ont ainsi rendu compte d’une caractéristique nouvelle du marché du travail francilien.
 
Jusqu’à présent, l’Ile-de-France résistait mieux que les autres régions dans les phases de repli et repartait plus vite en situation de reprise. Désormais, le chômage s’aggrave plus fortement en Ile-de-France que dans les autres régions.
 
Quelques chiffres :
-          1% de croissance en 2002
-          0,3% en 2003
-          7,8% de taux de chômage en 2002
-          9,7 en 2003.
 
Les départements les plus touchés sont l’Essonne (+21,6%), le 92 (+18) et Paris (+17,4). Les jeunes de moins de 25 ans et les hommes sont les plus affectés. Les femmes l’étant comparativement moins. Le nombre des offres d’emploi diminue. Le marché du travail ne devrait pas s’améliorer au cours de l’année, la proportion d’établissements envisageant de recruter dans les prochains mois étant fortement en baisse selon une étude GARP.
 
Il apparaît de plus en plus que les économies nationale et régionale sont tributaires des cycles économiques. Leurs effets sur la vie de nos contemporains posent la double question de l’intégration sociale de ceux qui se trouvent éloignés de l’emploi, et de la cohésion de notre société de plus en plus disloqués.
 
Aussi, devons nous être particulièrement attentifs aux entreprises, favoriser leur création et assurer leur développement. La création d’entreprises est un des moteurs du développement économique et de la création d’emplois.
 
 
 
  1. Le développement économique par la création d’entreprises et le rôle joué par le Conseil Régional.
 
La Région Ile-de-France est la première région française créatrice d’entreprises, avec 65924 unités en 2003, soit 22,5% des entreprises crées sur le territoire. On comptait 166.000 créations en 2004
 
Mais un autre chiffre doit modérer cet optimisme. Un tiers des établissements ne franchit pas le cap de la troisième année. Echec économique, mais aussi échec humain, les cause sont en tout cas bien connues : absence de formation et de conseil, isolement du créateur, insuffisance de fonds propres. 
 
La Région Ile-de-France soutient la création et la reprise d’entreprises, facteurs de développement économique et moteur de création d’emplois. Elle consacre à cet aspect plus de 11 millions d’euros.
 
Elle offre une gamme d’aides régionales en intervenant avec ses partenaires aux côtés des porteurs de projet.
 
La Région aide notamment à
Ø      La préparation du projet de création d’entreprise (conseils, aide à la formation…). Un site Internet pour l’information des créateurs d’entreprises est annoncé au budget 2005.
Ø      La recherche de financements nécessaires à cette création : apports inférieurs à 15.000 euros pour les micro entreprises (elles représentent 80% des créations), et aides entre 15.000 et 300.000 euros pour les petites entreprises (de 1 à 10 emplois).
Ø      La recherche d’un hébergement à travers notamment la mise en place de pépinières d’entreprises : actuellement plus de 30 structures sont en fonctionnement et hébergent plus de 800 entreprises. Plus de 1000 emplois sont crées, chaque année au sein des entreprises accueillies. Il s’agit là de ce que l’on qualifie « d’appui au développement local ». Ce dispositif dispose de plus de 6 millions d’euros au budget pour 2005.
 
Pour répondre aux besoins spécifiques de 125.000 entreprises artisanales franciliennes, la Région Ile-de-France a mis en place un dispositif d’accompagnement très complet. 3 millions d’euros seront consacrés en 2005 au soutien à l’artisanat, au commerce et aux métiers d’arts.
 
L’aide aux entreprises est une priorité pour la Région Ile-de-France, qui déplore notamment la fin des aides de l’Etat à leur modernisation. Elles se chiffraient à 5 millions d’euros.
 
Compte tenu de la dégradation de la situation économique et sociale et de ses effets très négatifs sur l'emploi, de la fin des emplois jeunes et du peu de résultats obtenus par les politiques mises en oeuvre par le gouvernement en matière d'emplois aidés, en particulier le dispositif CIVIS, la Région Ile-de-France, au lendemain des élections de mars 2004, s'est mobilisée, pour proposer une série de mesures immédiates en faveur de l'emploi.
 
 
  1. Le développement économique par la création d’emplois. L’exemple du dispositif « emplois tremplins » mis en place par le Conseil Régional d’Ile-de-France.
 
Parmi les grands engagements pris par le Président Jean-Paul HUCHON figurait la création, pendant la mandature, de 10 000 emplois tremplins, à destination des associations, des groupements d’associations, des groupements d’intérêt public, des groupements d’employeurs sous statut associatif et des entreprises d’insertion, fondations ou établissements coopératifs d’utilité sociale.
 
La Région Ile-de-France et son Exécutif ont décidé de faire de l’emploi une priorité.

Dès le 24 juin 2004, l'assemblée régionale a adopté des mesures d'un montant de plus de 10 millions d'Euros, parmi lesquelles le programme de mise en place de 10 000 Emplois Tremplins d'ici 2010.
Alors, quels sont les grands principes de ce programme ?
Ce programme emplois tremplins permet à des employeurs potentiels de percevoir pendant 6 années, de manière dégressive, des aides à la rémunération et à la formation dans la mesure où les personnes recrutées remplissent des critères précis. La Région a ainsi définis les 4 catégories suivantes : jeunes sans emploi de 16 à 26 ans, demandeurs d'emplois de 45 ans et plus, personnes handicapées sans condition d'âge, bénéficiaires de l'allocation pour parent isolé ou de l'allocation veuvage, sans condition d'âge.
Ainsi, par une aide financière conséquente, ces structures pourront recruter le personnel nécessaire afin de répondre à des besoins émergents ou non satisfaits et de pouvoir apporter à la population des services notamment dans les domaines suivants :  l'accompagnement dans l'emploi, la culture, l’environnement, le logement, la politique de la ville, la santé, l'action sociale, l'économie sociale et solidaire, le sport, le tourisme et les transports.  
Dans la mesure où l'activité des employeurs relève des domaines précités d'une part, et les recrutements opérés, sous la forme d'un contrat à durée indéterminée à plein temps d'autre part, la Région versera :
Ø      une aide à la rémunération, pendant 6 ans, avec un forfait annuel de 15 000 euros maximum par an les trois premières années puis 12 000 euros, 11 000 euros et 10.000 euros les trois dernières. A cette subvention peut s'ajouter d'autres aides financières des départements, communes, groupements de communes ou autres co-financeurs.
Ø      une aide à la formation de 1 500 euros en moyenne par emploi qui sera modulée au regard de la qualification initiale du salarié et de la taille de la structure employeuse. L'attribution de l'aide à la rémunération est soumise à une obligation de formation des salariés.
Pour la mise en oeuvre du programme emplois tremplins, des partenariats seront établis avec la plupart des Départements de l'Ile-de-France, les grandes fédérations d'associations régionales, des structures financières de l'économie sociale et solidaire, des Organismes Paritaires Collecteurs Agréés, des branches professionnelles et d'autres collectivités locales afin de créer des synergies avec les acteurs locaux et de mieux ancrer cette intervention dans les territoires.
Dans l'immédiat, les ANPE et les Missions Locales seront obligatoirement informées des postes proposés.
La première des priorités régionales, dans le cadre du développement économique, est celle de l’aide à la création et au maintien d’emplois. Qu’il s’agisse des entrepreneurs, des forces sociales, du tissu associatif ou du monde l’innovation et de la recherche, l il convient de travailler ensemble pour que les mutations en cours profitent d’abord à l’amélioration de la vie quotidienne des Franciliens.
Les enjeux pour la région sont grands : préserver son attractivité, assurer sa cohésion sociale et territoriale et valoriser les atouts dont elle dispose à travers ses entreprises. Alors, quels sont les objectifs affirmés dans le cadre du budget 2005 du Conseil Régional d’Ile-de-France ?
 
  1. Le développement économique en Ile-de-France et quelques priorités budgétaires annoncées du Conseil Régional pour 2005.
 
Ø      Favoriser une autre logique d’intervention économique de la Région au service du développement.
L’année 2005 verra ainsi la création du « Fonds régional d’investissement et de développement pour l’emploi et la formation ». Il s’agit de regrouper et d’abonder l’ensemble des dispositifs financiers que la Région consacre au développement économique et d’engager un tour de table avec différents financeurs. Au titre des crédits actuels mobilisables, les dispositifs représentent sur le budget développement économique 25 millions d’euros et 10 millions d’euros au titre de la formation professionnelle. Le Fonds régional devrait permettre, en faisant plus et mieux, de favoriser la création, la reprise et l’appui au développement d’entreprises par la définition d’objectif en emploi et en formation.
 
Ø      Conforter des démarches entamées.
La Région souhaite à la fois maintenir son appui aux secteurs traditionnels, notamment aux grandes filières industrielles mais également soutenir les secteurs créateurs d’emplois que sont les services à la personne ou les éco-industries. Le « soutien à l’industrie et autres services » compte 12 millions d’euros au budget 2005.
 
Ø      Promouvoir l’excellence, faire face aux mutations économiques, anticiper le changement.
Il est proposé de cibler d’avantage l’appui sur certaines filières, notamment l’aéronautique, l’automobile, les éco-activités, le tourisme, les services à la personne. Ces filières pourront s’inscrire en cohérence avec les pôles de compétitivité en Ile-de-France dans la suite de l’appel à projets lancé fin novembre 2004.
 
Ø      Promouvoir l’économie sociale et solidaire.
L’économie sociale et solidaire est une priorité affirmée. 3 millions d’euros y seront consacrés en 2005. Ils doivent permettre de soutenir le développement de filières d’utilités sociale et environnementale et la création d’activités par des personnes en démarche d’insertion. Par ailleurs la création d’un « Centre de ressources en économie sociale et solidaire » sera proposée et des « Assises de l’économie sociale et solidaire » seront organisées. 
 
Ø      Mettre en place une évaluation permanente.
L’ensemble des aides individuelles aux PME fera l’objet de mesures systématiques d’évaluation, afin de faire apparaître leur degré de pertinence et d’efficacité. Une Commission régionale d’évaluation sera mise en place. L’Etat sera sollicité pour y participer.
 
 
Comme cela avait été annoncé lors de la Conférence régionale du 8 décembre 2004, 2005 sera l’année du lancement d’une réflexion sur la mise en œuvre d’un schéma régional de développement économique. Avec la création de ce schéma, la Région Ile-de-France veut se doter d’un outil de prospective au service des territoires – afin d’en réduire les disparités – et de l’ensemble de l’économie francilienne. Ce schéma s’élaborera selon une méthode participative comme c’est le cas pour la révision du SDRIF ou la mise en place de l’EPFR.
 
Je vous remercie.
par Eddie AIT publié dans : Développement économique, Emploi
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