Blog de Eddie AIT, Maire de Carrières-sous-Poissy,
Conseiller Régional d'Ile-de-France (PRG)
Tribune publiée dans FRANCE SOIR (24.05.2005)
par Eddie AIT,
Conseiller Régional d’Ile-de-France (PRG)
Délégué National du Parti Radical de Gauche à la Culture
Face à ceux qui affirment que la « culture française » deviendra une simple marchandise si le Traité constitutionnel est adopté le 29 mai 2005, il convient de rétablir quelques vérités et de proclamer, enfin, l’Europe de la culture.
Si l’idée d’une politique européenne de la culture est apparue tardivement, avec le Traité de Maastricht, la tenue, à Paris, des « Rencontres pour l’Europe de la culture », au cours desquelles artistes et intellectuels ont débattu librement de leur vision d’une Europe où l’art et les œuvres de l’esprit ne sont pas des marchandises comme les autres, atteste de l’existence d’une Europe de la création.
Elle ne demande qu’à vivre pour aider à porter une identité européenne renouvelée. Toutefois, avec un budget représentant 0,007% de celui de l’Union, la politique européenne de la culture disposent de moyens dérisoires.
La culture européenne nous unit. Elle mérite d’être défendue, soutenue et partagée. Aussi, le Traité constitutionnel réaménage l’espace culturel européen, et ce par trois dispositions majeures :
- Il élève la « diversité culturelle » au rang de principe constitutionnel (Art. II-82 de la Charte des Droits fondamentaux) ;
- Il confère au Parlement Européen le dernier mot sur les accords commerciaux en général, et culturels en particulier (Art. III-315) ;
- Enfin, il permettra aux Etats membres, à tout moment, de mettre leur veto si la « négociation des accords internationaux dans le domaine du commerce des services culturels et audiovisuels risque de porter atteinte à la diversité culturelle et linguistique de l’UE » (Art. III-315.4a). C’est ce qu’on appelle « l’exception culturelle. »
Et, même si nous pouvons regretter que le Traité ne considère pas la culture comme un service public, les Etats pourront toujours subventionner des « actions destinées à promouvoir la culture » (Art. III-167). Il n’est donc pas question d’interférer dans les politiques d’aides nationales, dont le Conseil Européen a reconnu l’importance, notamment pour le Cinéma, l’audiovisuel et le livre.
En ce qui concerne la France, qui fait figure d’exemple dans ce domaine en Europe, la défense de son système d’aides au cinéma et à l’audiovisuel passe par la réaffirmation de sa diversité culturelle. La Constitution, ne reconnaît d’ailleurs à l’Union qu’une compétence pour mener « des actions d’appui, de coordination ou de complément » (Art. I-17). Dans un monde où l’on craint la standardisation et l’uniformisation, mettre en avant sa spécificité culturelle est vitale.
La Culture, qui a été le grand oublié de la construction européenne, ne l’est plus. Désormais, la Constitution inscrit la « diversité culturelle et linguistique » et « la sauvegarde du patrimoine européen » au rang des objectifs de l’Union.
L’Europe est un projet politique qui s’est élaboré sur le refus de toutes les formes de barbaries. La Culture porte son projet d’avenir.
Il nous revient, jusqu’au 29 mai 2005, de porter, devant l’opinion, le témoignage de la capacité des européens à inscrire la diversité et la richesse de leurs cultures dans une communauté de destin.
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